Cela devait arriver. Au bout de 10 mois de vie de couple, mon bel iPhone blanc m’a lassé. A vrai dire, on ne se regarde même plus. La faute à qui ?
Pourtant le jour du mariage est encore bien gravé dans ma mémoire.
Début Juillet, sous le ciel bleu des Champs élysée, le prêtre de l’église Orange a officié à la pause déjeuner. Mon futur compagnon était encore vierge dans sa belle boite blanche gaufrée. Le contrat de mariage était clair : 24 mois d’Amour forcé au tarif de 39 euros par mois. Cher, mais quand on aime, on ne me compte pas…
Les premiers jours furent merveilleux ! Ma main ne le lâchait pas, il vibrait de joie à chaque notification Facebook, il m’étalait tous ses talents : sabre laser, GPS, Youtube… Il était beau, immaculé, sobre et classieux.

Mais très vite, j’ai remarqué qu’il était un peu coincé. Impossible de changer ses vielles habitudes. Alors j’ai essayé de le dévergonder en lui proposant un petit Jailbreak. Il n’a pas refusé, preuve qu’au fond il n’est pas coincé mais juste brimé par l’éducation de son père. Cela a permis de prolonger notre lune de miel, mais n’a finalement que peu retardé l’inévitable. Dés septembre, je devais me rendre à l’évidence : mon iPhone me trompait.
Je le voyais partout, passer de main en main, collé à l’oreille d’autres que moi dans le métro… Il est aujourd’hui dans toutes les poches et est devenu si commun que notre Amour n’a plus rien d’exclusif. Du coup on s’évite. (J’ai même arrété Facebook pour m’en détacher encore d’avantage.)
Et moi aussi maintenant je vais voir ailleurs. Je partage mes voyages avec une simple PSP d’occasion. Elle ne fait qu’une seule chose mais elle le fait bien. Et puis il y’a les livres de poche. Ces anciens partenaires qui reviennent frapper à la porte de mon sac régulièrement. Eux me feront toujours rêver.
Il y’a quelques jours le père de mon iPhone a pourtant voulu me rassurer. En juin je verrai : il sera plus mature, plus actuel, plus touche à tout encore. Mais je ne me voile pas la face. Je sais qu’il sera aussi plus vieux, et que je devrai faire abstraction des courbes alléchantes de son petit frère…
Tout cela n’y fait rien, aujourd’hui je ne peux m’empêcher de rêver d’un nouveau compagnon plus sauvage, plus libre, plus expérimental. Je veux retrouver ma liberté de mouvement, l’envie de bidouiller et d’essayer de nouvelles choses.
Ou mieux encore : abandonner totalement ces relations entre humain et GSM qui finalement n’apportent pas grand chose à ma vie.
Le célibat technologique, et si c’était ça la solution ?
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